| Photos du jour | Vidéos du jour | Newsletters | Mobile |
![]() Cultures Jeudi 2 septembre 2010. Il est 21h05 |
ABP est un média indépendant financé par ses lecteurs
|
![]() |
|
|
|
NOUS AVONS RECU : Presentation de livre Avec le temps, la guerre à Bourg-Blanc. Un livre de Michel Treguer Source : Michel Treguer Porte parole: Michel Treguer Publié le 9/03/10 5:06
BREST
Avec le temps, chronique d'un village breton sous l'occupation allemande, Brest, éditions Dialogues.fr, collection Ouvertures. Un livre de Michel Treguer, sortie le 11 mars 2010. Une illustration de cette vérité selon laquelle « l'universel » se cache dans chaque destin particulier. Autant qu'à se souvenir, l'Histoire ne sert-elle pas à oublier ? Derrière les gros mots de Nation, de Résistance, de Collaboration, que reste-t-il des véritables jours vécus par des femmes et des hommes qui ne savaient pas ce que serait l'avenir ? Comment se représenter encore dans l'Europe sans frontières d'aujourd'hui une aussi incroyable situation : « l'occupation » du territoire français par son voisin allemand ? [Voir le site]
Brest
Lectures : 812 Vos commentaires : Comme on a pu le voir dans les éditions de différents journaux un litige en justice oppose Michel Tréguer et son éditeur–Editions Dialogue.fr au fils du soldat Allemand évoqué dans sa monographie Avec le temps. Chronique d'un village breton sous l'occupation Allemande. Cet ouvrage de Michel Treguer, pour intéressant qu'il soit, pose de sérieuses questions. Parmi celles-ci, et non des moindres, celle de savoir si en matière de recherches sur cette période de l'Occupation toute vérité est bonne à dire. Ensuite la publication de contrevérités historiques qui relèvent de l'amateurisme. En ces temps de commémoration du 70ième anniversaire de l'appel du 18 juin, les témoins se faisant de plus en plus rares, le rôle des historiens dans la transmission de notre mémoire collective est essentiel. Encore faut-il respecter certaines règles élémentaires de déontologie. En effet, le fait d'obtenir une dérogation de consultation de dossiers d'instruction judiciaire des procès de l'épuration n'autorise pas d'ignorer les règles de communicabilité des archives publiques. Tous les chercheurs historiens savent que la publication de faits relevant de la vie privée des personnes mises en cause dans ces dossiers est interdite. S'agissant de la famille de l'auteur, mais surtout de ce fils d'un soldat allemand, celui-ci a-t-il réellement pris la mesure du préjudice (pour les proches) qu'il y a de livrer ainsi sur la place publique des noms et des « vérités » qui relèvent de la sphère privée ? Quant à la question de la transmission de la mémoire vers les générations futures, certains des propos de l'auteur sont pour le moins ambigus à l'égard de la Résistance. Ainsi, par exemple, page 104 à propos des violences de la Libération : « Le 6 août, une bande d'imprudents croit pouvoir attaquer à Lannilis un manoir occupé par les Allemands. Une rafale de mitrailleuse les accueille 15 morts. » En fait, le bilan de cette attaque du manoir de Keraflor sera de 9 morts. Les familles de ces résistants apprécieront sans aucun doute de les voir ainsi qualifiés d'inconscients ! Mais le plus consternant concerne le massacre de Penguerec à Gouesnou : « Même horreur à Gouesnou où un coup de feu prématuré est parti du clocher : quarante-deux innocents dont vingt-sept femmes et enfants sont saisis d'un car sortant de Brest et sont abattus sur le champ. » Habitant depuis presque 20 ans à Gouesnou, je suis un amateur de l'histoire de cette période. Cofondateur d'un forum traitant de cette période www.39-45@org , j'interviens dans le journal Histomag n°44 et je suis vice-président d'une association de mémoire. Les quelques lignes sur le massacre de Gouesnou sont totalement surréalistes et ne répondent en rien à la réalité historique. Ce car n'a jamais existé et vous ne trouverez pas les noms de 27 femmes et enfants fusillés sur le mémorial dédié à ces martyrs. Certes, 65 ans ont passé depuis la Libération, l'heure est heureusement à la réconciliation et à la construction de l'Europe. Pour autant, certaines plaies ne sont pas totalement refermées, et vouloir faire œuvre « d'ethnologie » n'autorise pas Michel Treguer à les raviver avec autant d'approximations. J'accueille les remarques factuelles de M. Massé avec le même intérêt et la même ouverture que les paroles des témoins que j'ai rencontrés à Bourg-Blanc. Je dis à plusieurs reprises dans mon livre qu'il ne s'agit pas d'un ouvrage d'historien. C'est une méditation sur la mémoire, donc évidemment aussi sur la notion de vérité historique. Les témoignages ne coïncident pas toujours, et mes propres souvenirs peuvent comporter des erreurs. Mais la démarche d'ensemble est foncièrement honnête et, je crois bien, révélatrice. La lettre de M. Massé elle-même comprend un exemple de l'un de ces glissements de sens qui peuvent, en s'accumulant, infléchir les récits : à propos des jeunes gens décimés à Lannilis, je parle d'« imprudents », mais dans la phrase suivante de son commentaire il me reproche déjà d'en avoir fait des « inconscients ». Ce n'est pas la même chose. Je ne suis pas peu fier d'avoir publié les archives du dossier conservé à Rennes. C'était leur dissimulation qui était de toute évidence une insulte à la vérité, qui servait à maintenir des réputations ou des opprobres peut-être injustifiés. Au lecteur de se faire son opinion à la lecture de ces documents. Je n'attaque ni ne protége qui que ce soit, pas même ma propre famille. Mais que chacun se présente à visage découvert. Le procès qui nous est fait (à l'éditeur et à l'auteur) est le moins justifié de tous ceux que l'on pouvait craindre. J'ai servi ce plaignant (cet ami) en lui retrouvant probablement la trace de son père. Et son histoire est publique depuis sa naissance. Alors que dans mon livre je l'honore simplement de son nom, sa plainte en justice pour « atteinte à sa vie privée » aboutit à le faire de nouveau qualifier dans de nombreux articles de presse de « fils de l'Allemand ». Bon courage à M. Massé dans ses recherches. |
|